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Marguerite LANNES
 
Marguerite LANNES

Marguerite m'attend, confortablement installée au pied de la cheminée rougeoyante diffusant une douce chaleur, un livre retourné, posé tout près de son fauteuil. Elle se lève pour m'accueillir et m'invite d'un regard vif, un tantinet gêné, à lui poser des questions.
Bien gentiment, elle accepte de se raconter, non sans une certaine pudeur au début de notre entretien, puis se sentant en confiance, elle déroule pour moi l'écheveau de son existence.
 
Marguerite ROUDIERE est née le 14 novembre 1914 à Pexiora, son père était mobilisé par la première guerre mondiale. Elle grandit à Pexiora, entourée par sa mère et son frère, son aîné de 7 ans, avant de rejoindre la ferme des Pesquiès à Alzonne où son père, démobilisé, a trouvé un poste de régisseur. Par la suite la famille ROUDIERE vint s'installer à Villesèque, le père devenant métayer de la famille GAUGET. Marguerite et ses parents habitaient la maison située à l'angle de la Grand'Rue (rue Jean Moulin aujourd'hui) et de la rue Henri IV.
 
Après ses années d'école, Marguerite, comme beaucoup de jeunes femmes du village, "travaille à la terre", à l'image de ses parents.
 
En 1941, Marguerite, jeune femme de 27 ans cède aux avances d'un jeune Villeséquois, Raymond LANNES;
Raymond était bourrelier, travaillant aux côtés de son père installé dans le village. Jusque dans les années 50, il n'y avait pas un village en France qui n'ait son bourrelier, le machinisme agricole n'avait pas encore atteint le monde paysan dans son ensemble et l'utilisation des chevaux, de mules ou mulets pour les cultures était encore très répandue. Il fallait donc pouvoir réparer et rembourrer les harnais de ces bêtes et c'était exactement le travail du bourrelier maniant alènes, emporte-pièce, formoirs, passe-ficelles et fil poissé.
 
En février 1942, Marguerite épouse Raymond et vient s'installer avec ses beaux-parents dans la maison qu'elle habite encore aujourd'hui. Pour faire face aux restrictions imposées par la guerre, la famille décide d'acheter des vaches qui non seulement vont nourrir les enfants à venir mais aussi compléter, avec la vente du lait, les revenus tirés de la culture des vignes acquises petit à petit.
 
 
Le 23 février 1943 nait une petite fille prénommée Paulette, suivie l'année après, le 23 mai d'un petit garçon prénommé Joseph, que tous les Villeséquois n'appelleront que Gégé.
 
Après le mort de son père et l'arrivée des tracteurs au village, Raymond abandonne le métier de bourrelier, la famille tirant ses revenus de la vigne et de la vente du lait. Adolescents, Paulette et Gégé seront chargés, après l'école ou pendant les vacances, d'amener les vaches brouter l'herbe dans la campagne et souvent escortés par les copains et les copines de leur âge, ils partaient vers le canal, accompagnant les vaches attachées par une cored, un bâton à la main pour les diriger.
Paulette, à 18 ans, son diplôme d'aide-soignante en poche, quitte la maison familiale pour vivre à Port-la-Nouvelle et travailler au préventorium où elle fit toute sa carrière.
 
Gégé de son côté, aide ses parents à travailler la propriété avant d'obtenir un poste à l'Equipement de Bram. En 1968, il épouse une belle parisienne, un temps élue Miss Montmartre, modèle des peintre de la Place du Tertre dont son père faisait partie. Jackie lui donne un fils Jean-Claude en 1972 qui, digne héritier du talent de son grand-père maternel, a déjà fait ses preuves artistiques.
Raymond, bon vivant, joyeux compagnon, toujours prêt à amuser ses amis par de nombreuses blagues, s'éteint en 1998 laissant Marguerite bien seule dans sa maison.
 
Aujourd'hui Marguerite, (ou Margot comme certaines l'appellent familièrement) ne vit pas recroquevillée sur son passé, elle s'interesse à l'actualité, lit le journal et se tient informée de tout ce qui survient dans le village par sa femme de ménage qui vient l'aider chaque jour à entretenir sa maison. Des voisines viennent régulièrement passer un moment en sa compagnie. Marguerite évoque l'époque où elle pouvait encore tricoter ou faire des ouvrages au crochet et avoue attendre avec impatience, chaque soir, son émission favorite à la télévision "Questions pour un champion". Comme avec gourmandise, elle avoue se complaire dans la lecture des romans qu'elle emprunte régulièrement à la bibliothèque de Villesèque dont elle est la plus ancienne et la plus fidèle lectrice. Ce disant, elle pose sa main sur le livre retourné à côté d'elle, comme lorsqu'on effleure délicatement une fleur : "celui-là est beau, me dit-elle, mais celui que j'ai lu précédemment, l'était encore plus !"
 
Il est temps pour moi de partir. Me raccompagnant vers la porte, elle me livre une dernière confidence : elle espère les beaux-jours qui lui permettront de s'installer dehors, dans son petit jardin où elle pourra bavarder avec les passants ou les voisins, une habitude ancienne qu'on ne voit presque plus aujourd'hui où chacun reste chez soi.
Lorsque j'ai recueilli ce témoignage touchant de Marguerite, elle venait d'avoir 96 ans. Aujourd'hui, elle vient de fêter ses 100 ans et elle est toujours aussi vive d'esprit.
 
Colette DENAT
 
 
 
 

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